Crematogaster scutellaris, plus communément appelée fourmi du bois, peut atteindre environ 8 mm chez la reine, tandis que les ouvrières dépassent rarement 5 mm.
Ces fourmis possèdent une tête rougeâtre, avec un thorax et un abdomen noirs. La forme de l’abdomen est caractéristique, car il se rétrécit progressivement vers l’extrémité.
Lorsqu’elles se sentent menacées, elles soulèvent leur abdomen pointu de manière menaçante et émettent une petite goutte de phéromones depuis l’arrière du corps. L’odeur de la phéromone déclenche une mobilisation générale au sein du nid, et tout intrus est rapidement encerclé par une masse de fourmis agressives.
Crematogaster scutellaris établit des colonies monogynes indépendantes, avec la possibilité d’oligogynie (plusieurs reines peuvent être acceptées par les ouvrières, bien que les reines adoptent un comportement agressif entre elles). Les mâles et reines ailés apparaissent généralement à la fin de l’été et parfois même jusqu’à la fin du mois d’octobre, si les températures restent douces.
Les colonies sont généralement construites dans des souches, des troncs tombés ou des branches sèches. Les nids sont composés d’un mélange de bois mâché et d’humus. Entre mars et octobre, les ouvrières collectent et transportent principalement des substances liquides sucrées et des matières solides (restes d’arthropodes, petits insectes, etc.).
La ponte a lieu principalement en été. Cette espèce est très prolifique. Les larves éclosent surtout en septembre et hivernent au deuxième stade larvaire de novembre à février, à environ 10°C. Le printemps suivant, les larves de troisième stade se développent et se nymphosent en été. Les ouvrières apparaissent entre le milieu et la fin de l’été, tandis que les individus sexués émergent vers la fin août.
Les fourmis du bois peuvent se montrer particulièrement rusées : certaines colonies pillent les nids d’autres espèces de fourmis du bois et en enlèvent le couvain. Les fourmis volées sont ensuite élevées comme ouvrières au sein de la colonie.
Cette espèce se rencontre principalement dans les régions méditerranéennes et est donc présente en Europe, au Proche-Orient et en Afrique du Nord. Les fourmis du bois sont connues pour construire leurs nids dans les champs et les forêts ouvertes.
Tous les membres du genre ne construisent pas de grands nids hors sol, mais ceux qui le font sont d’excellents bâtisseurs. Une colonie de ces petits invertébrés peut produire un nid en forme de dôme atteignant près de 3 mètres de diamètre et jusqu’à 140 cm de hauteur. Les nids sont recouverts de paille, de brindilles, de tiges, de brins d’herbe et d’aiguilles de conifères. Ces structures absorbent la lumière du soleil et maintiennent les fourmis au chaud.
Ces fourmis sont des prédateurs naturels de Thaumetopoea pityocampa, un papillon considéré comme un ravageur majeur des pins méditerranéens (en particulier Pinus halepensis).
Elles transportent également des pucerons vivants dans des nids de galles de chêne. On ne sait pas encore avec certitude si cela sert directement à la prédation ; il est donc probable que ces pucerons soient stockés pour l’hivernage ou utilisés comme réserve alimentaire.
Beaucoup de ces fourmis protègent les pucerons, car ceux-ci produisent du miellat, un liquide collant dont les fourmis raffolent. Toutefois, dans l’ensemble, les fourmis du bois sont principalement prédatrices d’insectes défoliateurs et sont donc considérées comme bénéfiques pour leurs écosystèmes.
Cette espèce peut provoquer des dommages lors de la construction de ses nids, en privilégiant les matériaux isolants et le bois ancien, souvent présents dans les toitures des bâtiments. Cela peut entraîner des dégâts structurels importants, car ces matériaux sont progressivement désagrégés afin de créer davantage d’espace pour la colonie.